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JULES LADOUMEGUE  

Le 5 octobre 1930 un athlète "fracassait" le mur des 3 minutes 50 secondes sur 1 500 m. Il se nommait Jules Ladoumègue, était Français, et, sur la cendrée de 450 m du stade Jean Bouin, il pulvérisait le précédent record du Monde de la distance détenu par l’Allemand Otto Pelzer en 3’51"0 depuis 1926, réalisant le temps phénoménal pour l’époque de 3’49"1/5 ! Pauvre Otto Pelzer, également détenteur du record du Monde du 800 m en 1926, et qui s’était fait "piquer" son record par un autre Français, Séraphin Martin dit "Séra", en juillet 1928.

Aidé de ses amis et néanmoins adversaires sur les pistes, Jean Keller et Séra Martin, la course de Jules Ladoumègue avait été d’une limpidité remarquable. Porté en triomphe à l’annonce de son temps en cette fin d’après-midi pluvieuse, c’était un immense soleil de joie qui irradiait Jean-Bouin.

A ce jour, déjà le plus populaire des sportifs français, Jules Ladoumègue devint le "héros" de toute une nation, notamment des "gens d’en bas" qui s’étaient identifiés à cet athlète qu’ils appelaient "Julot". Il était l’un des leurs, et c’était tout un peuple qui avait couru en 3’49"1/5. 

Les techniciens, eux, avaient noté toutefois que Jules Ladoumègue, dans une forme étincelante, n’avait pas atteint son maximum, loin s’en faut, et valait bien une à deux secondes de moins. Ils avaient aussi remarqué le deuxième de cette course, un certain Luigi Beccali, Italien de la "Pro Patria", qui battait ce jour là, loin du vainqueur, le record d’Italie en 3’57"4/5. Exploitant sa forme du moment, deux semaines plus tard, le 19 octobre exactement, toujours à Jean Bouin, aidé de nouveau de ses deux comparses Jean Keller et Séra Martin, Jules Ladoumègue effaçait encore un record du Monde appartenant à Otto Peltzer, 2’25"8 au 1 000 m en 1927, Julot enfonçait le clou en 2’23"6, ce record n’étant amélioré qu’en 1941 par le grand Rudolf Harbig en 2’21"5.

Sa popularité considérable tenait à plusieurs facteurs. Dès sa naissance, le 10 décembre 1906 à Bordeaux, sa vie basculait dans le drame. Son père était tué dans un accident de travail quelques semaines avant sa venue au monde. Sa mère, Julia, âgées de 26 ans, était brûlée vive quelques jours après le 10 décembre. Recueilli par son oncle, il doit, dès l’âge de 12 ans, subvenir aux besoins matériels de la famille en étant apprenti jardinier. Très vite, il va se découvrir un réel talent en participant à des courses locales autorisant des prix, car affiliées à la FSAPF au sein de l’UA Bordelaise. Sa renommée grandit. Il adhère au Stade Bordelais UC, "rachète" sa licence FFA, et devient international pour la première fois en 1926 sur … 5 000 m. Les clubs parisiens lui font les yeux doux. Il signe au Stade Français et sous la coupe de Charles Poulenard qui va façonner son style inimitable, il s’oriente vers le 1 500 m. En 1927 ses premiers records de France sur 2 000 m et 3 000 m ne sont qu’une étape, car en 1928 il postule à la gloire olympique.

A Colombes, le 15 juillet, il remporte le titre de champion de France en 3’52"1/5 avec une facilité déconcertante et devient le favori pour Amsterdam. Las, inexpérimenté, angoissé, sujet au trac, il est battu par le Finlandais Harri Larva, vainqueur en 3’53"2, n’obtenant "que" la médaille d’argent en 3’53"8. Certains ne lui pardonneront pas. La bêtise humaine est incommensurable et elle n’est pas à son apogée.

A partir de ce jour, Jules Ladoumègue devint pratiquement imbattable sur sa distance de prédilection, et l’on allait voir courir "Julot" et son style flamboyant, en France et à l’étranger, comme l’on se rend au Prado admirer les toiles de Velasquez et Goya, ou à Salzburg écouter Mozart. Du grand art !

Ses premiers records du Monde avaient marqué les esprits et les cœurs. Un an plus tard, en 1931, n’ayant plus d’adversaires à sa taille, il repartait à la conquête des records. Le 4 octobre à Jean Bouin, son stade fétiche, il efface le grand Paavo Nurmi en s’octroyant le record du Monde du mile en 4’09"2.
Tombaient également en cette saison 1931, les records du ¾ de mile, du 2 000 m et du 2 000 yards. De toute évidence le titre olympique du 1 500 m des Jeux de Los Angeles en 1932 lui était promis.
Mais le paradis reconquis de Jules Ladoumègue allait devenir son enfer. Le 4 mars 1932, des "gens de bien" devaient le radier à vie pour faits de professionnalisme. Sacrifié sur l’autel des justes ! La loi est la loi… un vol de lapin, perpétuité !  "Les ailes brisées" titrait Henri Charpentier dans la revue fédérale FFA. Ladoumègue en fut meurtri à jamais, et de héros Grec, il devint martyr Chrétien.

Le 4 août 1932, sous les yeux de Jules Ladoumègue, Luigi Beccali devenait champion Olympique du 1 500 m, avant de lui reprendre le record du Monde en 1933. Les stades se désolèrent, les marchands du temple se l’accaparèrent un temps. Requalifié en 1943 à l’âge de 37 ans, ce n’était plus le même athlète qui foulait les pistes.

Le 2 mars 1973 il quittait ce Monde qui ne le méritait pas. Devant son cercueil, dans ce grand silence réprobateur, les humains se sentirent mal à l’aise.

Dites, Monsieur Jules Ladoumègue, Vous nous pardonnez ? … Pardon "Julot" !


        Luc Beucher (2003).

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