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JO 2024 - 52 jours. Le marteau
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10 Juin 2024 - VOLLARD Luc (Président CDH)
JO 2024 - 52 jours. Le marteau

Apparu lors de la deuxième olympiade en 1900 à Paris, le lancer de marteau était à l’époque une discipline presque inconnue en France, qui ne connaîtra une véritable départ qu’après la Grande Guerre. En 1904 à Saint-Louis, le marteau lourd sera ajouté au programme (on ne le reverra qu’à Anvers en 1920) et c’est le Canadien Etienne Desmarteau qui l’emportera. Outre son nom prédestiné, son arbre généalogique permet de retrouver ses origines françaises, notamment en Moselle, en Charente-Maritime et en Normandie.

Mais le premier championnat de France masculin aura lieu en 1923, un an avant la participation de Robert Saint-Pé et Pierre Zaïdin à l’édition 1924 des Jeux au stade de Colombes. Malgré trois participations et une quatrième place au bilan mondial en 1967, Guy Husson ne brillera jamais aux Jeux tandis que Jacques Accambray, détenteur de la meilleure performance mondiale junior en 1969, passera tout près d’une place dans les huit premiers en 1976 à Montréal. Huit centimètres seulement lui manqueront. En 1984 à Los Angeles Walter Ciofani fera mieux, passant les qualifications avec 73m10 puis en arrachant in extremis un strapontin dans les huit premiers à son troisième essai avec 73m46 en finale, une performance qui lui vaudra finalement la septième place après la disqualification de l’Italien Gian Paolo Urlando, positif à la testostérone.

Les féminines arriveront en 2000 à Sydney, Manuèla Montebrun étant de la partie tout comme elle le sera en 2004 à Athènes. A Pékin en 2008, celle qui a déjà connu les podiums mondiaux et européen, réalisera d’abord 72m81, une distance synonyme de passeport pour la finale. A l’image de Mélina Robert-Michon, elle montrera ensuite que décidément les lanceuses françaises n’avaient aucun complexe à avoir à ce niveau. Entrant timidement dans la finale du, elle assure l’essentiel avec 70m55 à l’issue du troisième essai pour être alors septième. Cela va la libérer totalement et au quatrième essai, elle va expédier son engin à 72m54 ce qui lui permettra de prendre une très belle cinquième place

Mais la lutte anti-dopage viendra ensuite modifier plusieurs résultats en retirant quatre titres et vingt-et-une médailles parmi le palmarès de l’athlétisme de ces Jeux. Pour Manuèla Montebrun, ce sera long. Elle gagne une place et passe quatrième en 2016 lorsque la Biélorusse et championne olympique Aksana Miankova tombe dans les mailles du filet. Et en 2017, une autre Biélorusse, Daria Pchelnik, initialement quatrième, devenue troisième, subit le même sort. La Lavalloise monte alors sur le podium neuf ans après la fin du concours de marteau et sept ans après sa dernière sélection internationale.

En 2012 à Londres, Stéphanie Falzon assura en deux jets sa qualification au marteau, reprenant le flambeau de Montebrun. La finale sera d’une rare densité avec cinq lanceuses à plus de 76 mètres, Stéphanie faisant une bonne entrée avec 73m06. A l’issue du deuxième essai, elle est septième mais deux athlètes font mieux qu’elle à la troisième tentative et la place de finaliste disparait pour un petit mètre. Là aussi les résultats seront corrigés a posteriori, au fil des révélations et des progrès de la lutte contre le dopage, avec la reprise des analyses des échantillons prélevés. Stéphanie Falzon passera alors de la neuvième à la sixième place.

Reportés de 2020 à 2021, les Jeux de Tokyo verront d’autres bons résultats avec Alexandra Tavernier, troisième des mondiaux en 2015 et à nouveau en pleine possession de ses moyens, ayant battu trois fois le record de France en huit mois, et Quentin Bigot, vice-champion du monde en 2019. Les deux n’auront pas besoin du troisième essai en qualification pour accéder à leur finale. Quentin Bigot ne tardera pas à s’y montrer à l’aise. Avec 77m93 puis 79m39, il occupe la troisième place à l’issue du deuxième essai, à 31 cm de son record. Mais il ne va pas pouvoir faire mieux par la suite et perdre une puis deux places. La médaille se joue à plus de 81 mètres alors que 78m19 lui avait permis d’être médaillé d’argent aux Mondiaux en 2019.

Alexandra Tavernier ne fera également aucun complexe. Elle va même prendre la tête du concours après le premier essai avec un jet à 73m54. A partir du deuxième, la Polonaise Anita Wlodarczyk va logiquement rectifier le tir pour ne plus quitter le commandement ensuite. Tavernier ne va pas améliorer sa performance tout de suite, reculant de la troisième place jusqu’à la septième. Ce n’est qu’au dernier essai qu’elle retrouvera le relâchement nécessaire à la réalisation d’une bonne performance et avec 74m41 elle reviendra en quatrième position, au pied du podium (crédit photo : FFA/SK/DPPI).

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