www.athle.fr
Accueil
site de la commission de la documentation et de l'histoire
Actualités
JO 2024 - 101 jours. Hauteur
Commentez cette actualité
22 Avril 2024 - VOLLARD Luc (Président CDH)
JO 2024 - 101 jours. Hauteur

Après les courses individuelles, nous allons découvrir les concours, en commençant par les sauts, un groupe d’épreuves réussissant plutôt bien aux Français en particulier pour deux d’entre eux. Ainsi à la hauteur va connaître une très bonne période pendant la première moitié du XXe siècle.

Le premier à s’illustrer fut à Londres en 1908 Géo André. Du haut de ses 18 ans, il détient déjà le record de France avec 1m79 depuis 1907. Il est aussi à l’aube d’une carrière exceptionnelle qui le verra participer à trois autres éditions des Jeux. Mais c’est dès cette première qu’il va réaliser son meilleur résultat. Le 21 juillet, André se présente le matin aux qualifications. Un premier concours a lieu dans la partie sud du stade. L’aire de saut étant glissante, les officiels décident d’utiliser le sautoir au nord pour les concours suivants. L’Américain Herbert Gidney proteste et obtient le droit de sauter à nouveau dans de meilleures conditions. Il se qualifiera et finira cinquième en finale. Géo André dans le deuxième concours se qualifie sans souci, portant le record de France à 1m88 (les publications françaises ont retenu 1m80 pour ces qualifications, alors que Bill Mallon et Ian Buchanan mentionnent bien 1m88 dans leur ouvrage).

La finale se déroule l’après-midi même à partir de 14h30 avec la présence de huit athlètes dont quatre franchissent 1m88, plus exactement 6 pieds 2 pouces. Harry Porter et Cornelius Leahy au premier essai, Istvan Somodi au deuxième et André au troisième. A 6 pieds 3 pouces, seul l’Américain Porter franchit et le règlement actuel n’étant pas en vigueur, un barrage est organisé pour les médailles d’argent et de bronze. Aucun athlète ne franchissant de nouvelles barres, Leahy, Somodi et André sont déclarés ex æquo et se partagent donc l’argent ! Et on parlera encore pendant longtemps du short du Français qui, trop ample, aurait entraîné la chute de la latte à 6 pieds 3 pouces. Cependant, le déroulement même de cette finale contient une part de mystère car cette version de la finale, couramment diffusée, est démentie par d’autres sources qui plaide en faveur d’un classement tenant compte des performances matinales, modalité qui perdurera quelques années encore. Géo André n’aurait franchi que 1m83 en finale (6 pieds) mais aurait donc gardé l’avantage de ces 1m88, plus précisément 6 pieds et 2 pouces. Ce qui est certain, c’est qu’André ne fera jamais mieux dans cette discipline mais excellera dans d’autres, notamment sur les haies.

A Paris en 1924, Pierre Lewden et Pierre Guilloux se glissent parmi les neuf athlètes à avoir franchi 1m83 en qualifications. Guilloux se contente de la septième place en finale avec 1m85 mais Pierre Lewden, déjà présent en 1920 avec ce classement, va se présenter quasiment à son meilleur niveau. En franchissant 1m92, il repousse l’Américain Tom Poor et le Hongrois Jenö Gaspar et continue le concours avec Leroy Brown et Harold Osborn. Il ne pourra rien contre les deux ‘’Yankees’’, ratant cependant 1m95 de peu, et décrochera bien la médaille de bronze. L’Américain Harold Osborn s’imposera avec 1m98, échouant de peu à 2m02. Il marquera à jamais l’histoire en remportant quelques jours plus tard le décathlon, devenant le seul à cumuler épreuve individuelle et épreuves combinées à ce niveau, ce qui n’a jamais été égalé depuis.

On retrouve Pierre Lewden, André Cherrier et Claude Ménard à Amsterdam en 1928 passant sans encombre les qualifications. En finale, si Lewden ne va pas renouveler son exploit de Colombes, prenant la septième place à égalité avec Cherrier en franchissant 1m88, le jeune Ménard, 21 ans et natif de Montrésor, va prouver que ses titres nationaux de 1926 et 1928 ne sont pas usurpés. Certes il ne reprendra jamais le record de France de Lewden, solidement planté à 1m95, mais lors de cette finale, c’est bien lui le meilleur Français. S’il ne peut franchir la barre victorieuse que réalise l’Américain Bob King à 1m94, il va se sortir magnifiquement du barrage à 1m91, laissant la deuxième place à Ben Hedges mais prenant la médaille de bronze à Siméon Toribio et au tenant du titre Harold Osborn. Pour la troisième fois en cinq éditions consécutives, la France place l’un des siens sur le podium du saut en hauteur !

En 1936 à Berlin, Marguerite Nicolas va se surpasser, réaliser la meilleure performance de la délégation française et battre à plusieurs reprises son record de France. Débutant à 1m40, elle passe ensuite 1m50, 1m55 puis 1m58. Elle n’ira pas plus haut, prenant la quatrième place à égalité avec Dora Ratjen, celle-là même qui devint ensuite Hermann et qui avait probablement dû sa sélection à l’éviction de Margeret Gretel Bergmann, l’une des meilleures sauteuses en hauteur de l’époque … mais qui était juive. En 2009, l’histoire de Ratjen et de Bergmann sera portée à l’écran avec un film intitulé bien sûr Berlin 1936, tout comme on pourra voir en 2016, l’épopée de Jesse Owens dans La couleur de la victoire. Exilée aux Etats-Unis en 1937, Gretel Bergmann y décédera à l’âge de 103 ans en 2017.

En 1948 à Londres, Micheline Ostermeyer va créer la surprise. Les qualités d’Ostermeyer étaient vraiment hors normes, préfigurant les grandes spécialistes des épreuves combinées. Pour la Française, le saut en hauteur est une épreuve où elle excelle aussi, ayant pris la cinquième place aux championnats d’Europe en 1946 ainsi que la médaille d’or aux Jeux Mondiaux Universitaires en 1947 à Paris, en plus de celle du poids. Elle ne va cependant pas se mêler à la lutte pour le titre comme pour les lancers, laissant l’Américaine Alice Coachman et la Britannique Dorothy Tyler se départager à 1m68, mais derrière, avec 1m61, égalant son record de France, elle va ajouter le bronze à sa collection de médailles.

Depuis 1948, seule Maryse Ewanjé-Épée, quatrième à Los Angeles en 1984 a pu s’approcher du podium, le meilleur homme étant Robert Saint-Rose, 9e à Mexico en 1969, le jour où Dick Fosbury révolutionna la discipline (crédit photo : Prestine Velox – Claude Ménard - collection Luc Vollard).

les Réactions
Commentez cette actualité
Pour commenter une actualité il faut posséder un compte sur le site FFA, utilisez la rubrique ci-dessous pour vous identifier ou vous créer un compte.
Login (Email) : 
Mot de Passe : |
mot de passe oublié ?
22/07 >
15/07 >
12/07 >
08/07 >
01/07 >
24/06 >
17/06 >
11/06 >
10/06 >
03/06 >
27/05 >
21/05 >
20/05 >
13/05 >
06/05 >
29/04 >
15/04 >
08/04 >
01/04 >
25/03 >
VIENT DE PARAITRE


Près de 900 athlètes ayant enregistré plus de 1300 résultats, ont représenté la France aux Jeux Olympiques depuis 1896. C’est cette longue aventure que vous allez découvrir dans ce livre qui détaille l’organisation de chaque édition, les résultats en athlétisme, les biographies des médaillés mais aussi de nombreuses anecdotes pour conter la grande et la petite histoire de la plus importante compétition sportive au monde.

Vous pouvez passer commande de cette nouvelle publication de la CDH ici

Centenaire de la FFA

LE LIVRE
DU CENTENAIRE
DE LA FFA






Champions, entraîneurs mais aussi grands dirigeants sont mis à l’honneur au fil des pages de cet ouvrage richement illustré, qui retrace l’Histoire de la Fédération Française d'Athlétisme.

Pour plus de détails et éventuellement passer commande, utilisez ce lien.
TOUTES LES REVUES FFA
  







Grâce à Danièle Debaye, vous pouvez consulter les anciennes revues fédrales (de 1921 à 2000) sur le site de la bibliothèque nationale de France.
- de 1921 à 1932 ICI
- de 1932 à 1934 ICI
- de 1935 à 2000 ICI

ATHLERAMA 2020/2021

ATHLÉRAMA 2020/2021, la 58ème édition du bilan de l'Athlétisme Français, est paru.

Pour la deuxième fois de son histoire, il s'agit d'une édition double, comme pour 1974-1975 lorsque l'ouvrage s'appelait encore Athlétisme Français, mais vous ne manquerez rien des années 2020 et 2021 dans cette nouvelle parution avec les bilans annuels, tous les records, les biographies, les index, les statistiques et les résultats des championnats de France. Les saisons internationales sont toujours là ainsi que de nombreuses photos de nos meilleurs athlètes.

La traditionnelle rétro vous plongera dan l'histoire de notre sport il y a cinquante et même cent ans, lors de la création de notre fédération, tout comme les bilans tous temps.

Athlérama 2020/2021 vous coûtera seulement 28€ (port compris).

N'hésitez pas à passer commande  ici-même

Les Espaces
REFONTE DU SITE

Vous pouvez découvrir depuis le 26 octobre 2022 la nouvelle structure de notre site, plus simple avec moins de menus principaux, mais toujours avec autant d'informations, de palmarès et de statistiques. Bonne visite !

ATHLETES

Avant 1940


De 1940 à 1990

A partir de 1990

PRESIDENTS, DTN ET ENTRAINEURS


PUBLICATIONS

PROGRAMMES

STADES